Bonjour,
Le dernier Conseil Communal a été somme toute classique. Beaucoup de demandes d’explications menant à de doctes justifications, des questions qui trouvent parfois réponses et un travail préparatoire conséquent quand on veut faire plus que simplement acte de présence.
Dans son compte rendu sur les réseaux, la majorité se targuait que les oppositions avaient validé toutes les augmentations de taxes. C’est pas faux, mais comme dans tout compte rendu orienté, il y a des lacunes. C’est pareil pour nos comptes rendus à la différence près qu’en plus de vous dire ce que nous en pensons, nous vous fournissons la matière première brute en partageant la retransmission intégrale du conseil (ou presque pour cette fois-ci, nous y reviendrons).
Si nous avons effectivement voté positivement les augmentations de taxes, c’est qu’elles correspondaient à un alignement sur l’index. Par contre, nous avons insisté à plusieurs reprises pour que cette indexation soit annuelle pour éviter que des taxes, redevances ou frais, qui, pour les raisons qui appartiennent à la majorité, n’ont pas été augmentées depuis de nombreuses années se voient grossir de 40% et même 60% d’un seul coup. Nous avons appelé à une gestion plus progressive, lisible et anticipée, qui protège les familles à revenus modestes tout en garantissant la pérennité des services publics.
Budget communal et climat : et si Rebecq prenait enfin les Accords de Paris au sérieux ?
Le budget nous a également été présenté. Globalement, il tient la route, mais parfois au prix de lourds sacrifices individuels comme des licenciements pour raisons économiques parmi le personnel communal.
Mais surtout, nous avons soulevé une question qui dépasse largement les tableaux Excel, les lignes budgétaires et les votes techniques :
Les budgets que nous votons aujourd’hui sont-ils compatibles avec les engagements climatiques que nous avons pris collectivement, notamment via les Accords de Paris ?
Nous sommes bien conscients que la problématique climatique n’est plus à la mode, est sortie des priorités de nombreux décideurs, voire suscite doutes, incompréhensions réciproques ou hilarité (jusque sur les bancs de la majorité) d’une partie encore trop importante de la population.
Toutefois, les décideurs ne peuvent pas rester sourds à cette problématique. Même les libéraux au gouvernement (sans qu’ils soient traités Khmer bleus) augmentent les taxes sur les combustibles et carburants fossiles ou poussent maladroitement à changer de chaudière alors que la majorité de la population est des plus inquiète comme elle a pu l’exprimer dans l’émission QR de la RTBF a récemment consacré au sujet . Et à Rebecq ?

Un budget n’est jamais neutre
Trop souvent, les budgets communaux sont présentés comme de simples exercices comptables. On parle d’équilibre, de déficit, d’indexation, de contraintes imposées par d’autres niveaux de pouvoir. Tout cela est réel. Mais cela ne doit pas masquer une évidence :
un budget est avant tout un acte politique.
Chaque euro investi – ou non investi – traduit une vision de l’avenir.
Chaque report d’investissement est un choix.
Chaque priorité budgétaire est aussi un choix climatique.
Les Accords de Paris ne sont pas une déclaration d’intention abstraite réservée aux chefs d’État. Ils engagent l’ensemble des pouvoirs publics, y compris les communes. Réduire les émissions de gaz à effet de serre, adapter nos territoires au dérèglement climatique, protéger les plus vulnérables face à ses impacts : tout cela commence aussi… au niveau local.
Quand le climat disparaît des débats budgétaires
Or, force est de constater que dans les documents budgétaires soumis au vote, la question climatique reste largement absente : nous n’avons pas trouvé d’analyse de l’impact environnemental des choix financiers, ni indicateurs permettant de mesurer si nos investissements nous rapprochent – ou nous éloignent – d’une trajectoire compatible avec les Accords de Paris pas plus qu’une vision globale reliant transition écologique, justice sociale et finances communales.
Comme si la crise climatique était un sujet annexe, que l’on traiterait “quand on aura les moyens”.
C’est précisément l’inverse : ne pas investir aujourd’hui dans la transition coûtera beaucoup plus cher demain, humainement, socialement et financièrement.
Justice sociale et transition écologique : un même combat
Les débats sur la gestion des déchets l’ont une nouvelle fois montré. Les citoyens font des efforts : tri, compostage, adaptation à des collectes réduites, contraintes accrues dans les recyparcs. Pourtant, on leur impose une cotisation forfaitaire uniforme, sans reconnaissance des comportements vertueux.
N’oublions pas que les premiers impactés par les changements climatiques sont et seront les populations les plus précarisées comme on a déjà hélas pu le voir lors des inondations catastrophiques à Liège Verviers. Et ce ne sont pas des voitures électriques, largement inabordables et inefficaces qui vont sauver la mise (des monstres de 2 tonnes pour transporter bien souvent 70-80kg d’humains a quelque chose de fou quand on y pense un peu). Changer de motorisation plutôt que de repenser la mobilités voilà un mantra d’une “écologie” à la solde des lobbies industriels et d’un culte à une croissance supposée infinie.
Là encore, la question est politique : quelle écologie voulons-nous ? Une écologie punitive et aveugle ? Ou une écologie juste, qui valorise les efforts et protège les ménages les plus fragiles ?
Climat, cadre de vie et proximité
La transition écologique ne se limite pas aux grandes déclarations. Elle passe aussi par le quotidien : propreté publique, lutte contre les incivilités environnementales, qualité du cadre de vie. Là aussi, les choix budgétaires sont révélateurs.
Peut-on sérieusement prétendre agir pour l’environnement sans moyens humains de terrain, sans présence locale, sans prévention et sensibilisation ?
Externaliser, mutualiser, éloigner la décision du citoyen ne peut pas être la seule réponse.
Une commune durable est une commune qui connaît son territoire, ses points noirs, ses habitants, et qui agit avec eux, pas contre eux.
Oser un vrai débat démocratique
Relier le budget communal aux Accords de Paris, ce n’est pas un luxe idéologique.
C’est une nécessité démocratique.
Cela implique :
- de rendre visibles les impacts climatiques des choix budgétaires,
- de planifier les investissements de transition sur le long terme,
- d’anticiper plutôt que subir,
- d’assumer politiquement les priorités.
Oui, cela demande du courage politique, oui, cela bouscule les habitudes.
Mais continuer comme avant n’est plus une option.
Rebecq Autrement : pour des budgets alignés avec l’avenir
À travers leurs interventions au Conseil communal, Sybille et Étienne (Yannick était absent mais aurait été dans le même sens) ont voulu rappeler une chose essentielle :
la transition écologique commence ici, maintenant, et dans les décisions concrètes que nous prenons.
Rebecq Autrement continuera à porter une voix claire et exigeante :
- pour des budgets compatibles avec les Accords de Paris,
- pour une écologie sociale, qui ne laisse personne sur le bord du chemin,
- pour une commune transparente, qui dit la vérité sur les choix à faire,
- pour une vision à long terme, au service des générations futures.
Parce que l’urgence climatique n’est pas un slogan.
C’est une responsabilité.
Et cette responsabilité commence… au Conseil communal de Rebecq.

Retrouvez ci dessous la quasi intégralité du Conseil en vidéo
Depuis que deux groupes d’opposition (minorité ou citoyens actifs, peu importe comment on les nomme) travaillent activement à la préparation des débats, interrogent, voir selon d’aucuns, challengent le pouvoir en place, les conseils communaux sont longs et parfois même bien fatigants. Même nos moyens techniques amateurs souffrent. C’est pourquoi nous avons le regret de vous faire remarquer que cette vidéo ne reprend pas le dernier point abordé. En voici donc la teneur
Une enquête publique est actuellement en cours concernant la réaffectation du Vélodrome en dépôt de bus. Comme l’enquête est en cours, les autorités ne s’expriment pas sur la question et encore moins pour donner leur avis sur le sujet. C’est bien entendu avec cette notion bien en tête que nous avons voulu aborder la question de la visibilité de toutes les enquêtes publiques en général. Sur ce dossier, nous reconnaissons avoir mal préparé notre intervention (faire de la politique autrement c’est aussi reconnaître ses erreurs, par exemple pour pouvoir progresser, non pas dans les sondages mais bien dans la qualité du travail fourni). En effet nous avons honteusement accusé la majorité de se contenter du minimum légal alors que, et nous n’avions pas assez pris de renseignements, la Commune avait distribué un toute boite aux riverains immédiats du projet. Ce qui fait que suite à cette impréparation sur un dossier en particulier, la question générale a pu être, une fois de plus éludée. Alors qu’elle nous semblait pourtant simple et ne pas nécessiter un surcroit de travail déraisonnable pour les services administratifs
Est-il envisageable pour le Collège qu’une publicité accrue et qu’un lien de téléchargement soit mis à disposition du public de manière systématique pour toutes les enquêtes publiques, qu’elles concernent seulement quelques habitants isolés en zone rurale ou un projet susceptible d’amener plusieurs centaines de véhicules par jour dans les rues de notre village ?
Etant donné que la majorité estime bien faire son travail, la réponse, en substance a été négative.
Pour terminer ce dernier article de l’année nous voudrions vous souhaiter de belles fêtes de fin d’année, apaisées, comblées de partages et de souvenirs impérissables.
Quant à nos souhaits pour 2026, il y a tellement de pain sur tellement de planches différentes que nous ne saurions par quoi commencer, ce pourquoi nous vous adressons des souhaits globaux pour une année (au moins) remplie de bonheurs en tout genres, de difficultés surmontées, de partage et d’entraide, de bienveillance et de prospérité. Mais aussi une année (au moins) de luttes déterminées, de participation et d’implications accrues partout où ce sera nécessaire, prioritairement à Rebecq car c’est là que vous et nous évoluons, mais aussi partout où ce sera pertinent.
A bien vite !
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